Recettes

Cuisine solidaire : les secrets de Sonia Ezgulian dévoilés dans un lieu qui change tout

Un atelier de cuisine peut parfois faire bien plus que remplir une assiette. Ici, les gestes du marché, les légumes farcis et les souvenirs de famille deviennent une manière de créer, de partager et de se retrouver.

Pendant deux journées, Sonia Ezgulian propose une expérience où l’on cuisine d’abord avec les mains, puis avec l’imaginaire. Le repas se construit ensemble, mais l’essentiel se joue peut-être autour de la table.

Pourquoi cette rencontre culinaire ne ressemble pas à un simple cours de cuisine

La cuisine dite « anti-gaspi » est souvent réduite à une question d’économies ou de restes à terminer. Pour Sonia Ezgulian, elle raconte aussi une mémoire familiale, une attention aux produits et une façon concrète de ne rien considérer comme inutile.

Autrice de nombreux livres de recettes, elle est régulièrement présentée comme une référence de la cuisine anti-gaspillage. Son approche ne consiste pas seulement à suivre une recette précise. Elle invite à regarder les épluchures, les légumes mûrs, le pain rassis ou les restes d’un repas comme de possibles points de départ.

Son parcours explique cette vision ouverte. Avant l’essor actuel des rubriques gastronomiques, elle a créé une rubrique consacrée à la cuisine pour Paris-Match. Cette expérience lui a permis de rencontrer de grands chefs cuisiniers et a nourri son envie de passer, elle aussi, derrière les fourneaux.

Elle a ensuite ouvert son propre restaurant à Lyon, qu’elle a dirigé durant sept ans. Puis est venue l’envie de transmettre autrement, par les livres, les émissions de télévision et les ateliers. C’est précisément ce mélange de savoir-faire, de récit et de convivialité qui donne son sens au rendez-vous d’Agde.

Car l’enjeu n’est pas uniquement de réussir un plat. Il s’agit aussi de comprendre ce que l’on mange, d’où viennent les ingrédients et comment une recette peut réunir plusieurs histoires.

Le lieu qui change tout : le Nouveau Café solidaire d’Agde

Le cadre choisi est le Nouveau Café solidaire d’Agde. Sonia Ezgulian y animera des ateliers artistiques et culinaires les jeudi 15 octobre et vendredi 16 octobre, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, My Little Arménie.

Ce lieu n’a pas été retenu au hasard. L’autrice connaît depuis longtemps Lina Tornar, fondatrice du Nouveau Café solidaire. Elles se retrouvent autour de valeurs communes : l’échange, la solidarité et l’idée que la cuisine prend une autre dimension lorsqu’elle est préparée puis partagée avec d’autres.

À lire :  Camembert rôti au miel et à la pomme : je le prépare en 10 minutes et c'est le plat qui disparaît en premier

Dans ce contexte, l’atelier devient un moment collectif plutôt qu’une démonstration descendante. Les participants ne viennent pas seulement observer une autrice culinaire. Ils sont invités à transformer des produits en plat, puis le plat en souvenir commun.

Le programme suit la logique du livre de Sonia Ezgulian. Il faudra cuisiner une recette, puis en créer une image poétique, avant de s’installer ensemble pour déguster le repas préparé. Cette place accordée à l’image rappelle que la cuisine est aussi une affaire de couleurs, de formes, de textures et de transmission.

Un légume farci n’est alors plus seulement une préparation méditerranéenne. Il devient une composition, un récit et un prétexte à la conversation. Reste à savoir quels produits viendront garnir les tables.

Du marché d’Agde à la table : le principe de l’atelier

La première étape se déroule avant même l’atelier. Sonia Ezgulian prévoit d’acheter ses ingrédients au marché d’Agde, sur la Promenade, où elle souligne la présence de très bons producteurs locaux.

Ce choix donne le ton : cuisiner commence par l’achat et par l’attention portée à la saison, à la fraîcheur et à la provenance. Un marché permet aussi de s’adapter aux arrivages. Les légumes disponibles orientent naturellement la recette, plutôt que l’inverse.

Les gestes attendus pendant les deux journées

  1. Choisir les produits locaux au marché d’Agde, selon les étals et les légumes disponibles.
  2. Préparer un plat inspiré des dolmas, ces légumes farcis présents dans les traditions méditerranéennes et du Caucase.
  3. Composer une image poétique à partir du plat et de ses ingrédients, dans une dimension artistique.
  4. Passer à table pour déguster collectivement le repas réalisé pendant l’atelier.

La recette annoncée ouvre un voyage autour des dolmas. Ce terme désigne traditionnellement des préparations farcies. Selon les régions et les produits disponibles, il peut s’agir de légumes garnis ou de feuilles enveloppant une farce.

Le principe est particulièrement adapté à une cuisine de marché. Courgettes, aubergines, poivrons, tomates ou feuilles de vigne peuvent devenir des contenants. Une farce peut accueillir des herbes, du riz, des légumes hachés ou des éléments déjà cuits, selon l’inspiration et les provisions.

À lire :  Chili con carne allégé : je remplace une partie de la viande par cet ingrédient riche en protéines et ma recette est encore plus gourmande

Dans une logique anti-gaspillage, les parties habituellement écartées peuvent aussi trouver leur place. La chair prélevée d’un légume à farcir peut enrichir une garniture. Des herbes un peu fatiguées peuvent être ciselées. Une tranche de pain rassis peut apporter de la tenue après avoir été humidifiée.

Mais la précision compte. Il faut conserver des légumes assez fermes pour qu’ils supportent la cuisson et ne pas trop serrer la farce, surtout si elle contient du riz. La dégustation finale dépend de ces détails simples.

My Little Arménie, un livre ancré dans une histoire familiale

My Little Arménie est présenté par Sonia Ezgulian comme un retour aux sources. L’ouvrage rend hommage à sa grand-mère et s’inscrit dans une filiation culinaire très personnelle.

L’autrice est la petite-fille d’une maraîchère arménienne. Cette grand-mère connaissait l’art d’accommoder les restes, une pratique quotidienne dans de nombreuses cuisines familiales. Le geste est simple : observer ce qui demeure, puis imaginer comment le prolonger sans le masquer.

Sonia Ezgulian compare son livre aux cahiers de recettes autrefois transmis au sein des familles. Ces carnets ne contenaient pas seulement des indications de cuisson. Ils conservaient des habitudes, des tours de main, des associations de goûts et parfois les traces d’une migration ou d’un terroir.

Avec My Little Arménie, elle dit avoir imaginé réunir ses ancêtres autour de la table. Cette idée éclaire l’atelier d’Agde : les recettes ne sont pas figées dans un passé lointain. Elles peuvent être réinterprétées avec les produits d’un marché local et les personnes présentes ce jour-là.

Les dolmas constituent un bon exemple de cette circulation culinaire. Ils sont répandus dans les cuisines méditerranéennes et dans celles du Caucase. Ils évoquent donc plusieurs territoires, plusieurs saisons et une même attention au produit enveloppé ou farci.

Conseils pour entrer dans l’esprit anti-gaspi de Sonia Ezgulian

La cuisine anti-gaspillage ne demande pas forcément des techniques complexes. Elle commence par une organisation plus attentive et par le refus de jeter trop vite des aliments encore utilisables.

  • Préparez vos légumes avec méthode : conservez les parties comestibles retirées pour une farce, une soupe ou une sauce.
  • Utilisez les herbes jusqu’au bout : les tiges tendres peuvent parfumer une garniture, un bouillon ou une cuisson.
  • Raisonner selon le marché : partez des produits proposés par les producteurs locaux plutôt que d’une liste rigide.
  • Transformez les restes : une garniture de la veille peut devenir le cœur d’un légume farci, à condition d’être conservée correctement.
  • Soignez la présentation : disposer les ingrédients avec attention aide à voir le plat comme une création, pas comme une solution de dépannage.
À lire :  Purée d'hiver : je remplace les pommes de terre par ce légume et elle est encore plus légère et fondante

L’aspect artistique de l’atelier apporte une idée précieuse. Avant de manger, regarder le plat permet de mieux percevoir ses couleurs et son équilibre. Une assiette de dolmas peut associer le vert des herbes, la teinte dorée d’une cuisson et la diversité des légumes du marché.

Cette démarche n’exige pas de reproduire une tradition à l’identique. Elle encourage plutôt à respecter l’esprit d’une cuisine transmise, adaptable et généreuse. Encore faut-il éviter quelques raccourcis fréquents.

Ce qu’il faut savoir avant de parler de cuisine solidaire

La cuisine solidaire ne se limite pas à cuisiner à bas prix. Elle repose sur le partage des savoirs, la valorisation des produits et le plaisir de manger ensemble. Réduire le gaspillage ne signifie pas utiliser un ingrédient qui n’est plus bon.

Il faut distinguer un produit simplement mûr d’un aliment altéré. Une odeur inhabituelle, des moisissures ou une mauvaise conservation imposent de ne pas le consommer. L’anti-gaspillage demande donc de la vigilance, pas de l’improvisation.

Autre erreur courante : croire qu’une recette de famille doit rester immuable. Le projet de Sonia Ezgulian montre au contraire qu’un héritage culinaire peut voyager, s’adapter à un marché local et continuer à raconter son origine.

Après les ateliers des 15 et 16 octobre, Sonia Ezgulian dédicacera My Little Arménie le 17 octobre à 11 heures, à la librairie La Promenade au phare. Entre le marché, le Café solidaire et la librairie, son passage à Agde dessine un parcours où la recette devient une rencontre.

4/5 - (14 votes)
Cet article vous a été utile ?
4/5 - (14 votes)
Clémentine B.
Écrit parClémentine B.

Passionnée de saveurs et d'histoires culinaires, Clémentine B. explore pour vous les trésors de la cuisine française et internationale, avec un goût prononcé pour les recettes traditionnelles revisitées.