Sur les routes ensoleillées de Majorque, certaines silhouettes automobiles attirent immédiatement les regards. Celle-ci ne ressemble ni à une berline officielle ni à un simple coupé de luxe. Sa carrosserie basse, ses lignes sculptées et son héritage espagnol lui donnent une présence rare, presque théâtrale.
Associée dans certains récits à l’univers du roi Felipe VI, cette voiture ne laisse pas indifférent. Pourtant, son intérêt dépasse largement le prestige royal : elle incarne le retour d’un nom historique de l’automobile espagnole.
Pourquoi ce bolide espagnol fascine autant à Majorque
Majorque est habituée aux voitures haut de gamme. Entre Palma, les ports de plaisance et les routes de la Serra de Tramuntana, les cabriolets sportifs, SUV de prestige et supercars sont fréquents durant la belle saison.
Mais une Hispano Suiza Carmen Boulogne ne se fond pas dans ce décor. Elle est produite en très petite série, construite autour d’une technologie électrique très poussée et dessinée comme une interprétation moderne des grandes automobiles des années 1930.
Le lien avec la famille royale espagnole nourrit naturellement la curiosité. Felipe VI représente l’Espagne lors de nombreux déplacements officiels, notamment aux Baléares pendant les vacances estivales. Son image est donc régulièrement associée aux voitures remarquées dans cette région.
Il convient toutefois de distinguer une apparition, une présentation ou une proximité symbolique d’une voiture officiellement utilisée par le souverain. La flotte institutionnelle de la Maison royale espagnole répond avant tout à des exigences de sécurité, de discrétion et de protocole.
Ce qui est certain, c’est que l’Hispano Suiza porte un message fort : l’Espagne ne se limite pas à Seat et Cupra. Elle possède aussi une tradition de grand tourisme, de compétition et de carrosserie d’exception. Et c’est précisément ce patrimoine qui explique la personnalité de ce modèle.
La réponse : l’Hispano Suiza Carmen Boulogne, une électrique hors normes
Le bolide espagnol qui correspond à cette description est la Hispano Suiza Carmen Boulogne. Il s’agit d’un coupé électrique ultra-exclusif développé par la marque Hispano Suiza, dont le siège est établi à Barcelone.
La Carmen Boulogne est une version plus radicale de l’Hispano Suiza Carmen. Son nom rend hommage à la Coupe de Boulogne, une course automobile française remportée par Hispano Suiza au début du XXe siècle. La référence est importante : elle relie directement la voiture moderne au passé sportif de la marque.
Ses performances sont celles d’une supercar. La Carmen Boulogne dispose de deux moteurs électriques installés sur l’essieu arrière, pour une puissance annoncée d’environ 1 100 chevaux. Selon la configuration et les données communiquées par le constructeur, elle peut dépasser les 280 km/h et atteindre une vitesse maximale proche de 290 km/h.
L’accélération est tout aussi impressionnante. Le 0 à 100 km/h est annoncé en moins de trois secondes. Contrairement à une sportive thermique, la poussée est immédiate : le couple arrive dès l’appui sur l’accélérateur, sans montée progressive dans les tours.
Sa rareté contribue à sa réputation. La Carmen Boulogne a été prévue en série limitée à seulement cinq exemplaires. À ce niveau de production, chaque voiture devient un objet de collection autant qu’un moyen de transport. Mais ses capacités ne se résument pas à une fiche technique spectaculaire.
Ce qui rend la Carmen Boulogne différente sur la route
La Carmen Boulogne ne cherche pas à imiter les supercars italiennes ou britanniques. Son identité repose sur un dessin très personnel, avec des ailes généreuses, une poupe travaillée et des surfaces qui évoquent les voitures de grand tourisme d’avant-guerre.
La carrosserie utilise largement la fibre de carbone. Ce matériau permet de réduire la masse tout en conservant une grande rigidité. Sur une voiture électrique, cet enjeu est essentiel, car la batterie reste un élément lourd malgré les progrès techniques.
La mécanique électrique se distingue aussi par son architecture. Les deux moteurs entraînent les roues arrière, ce qui préserve un comportement de propulsion. Le conducteur peut donc ressentir une voiture plus vivante qu’un modèle à transmission intégrale systématique.
La puissance doit néanmoins être maîtrisée. Une voiture de plus de 1 000 chevaux ne se conduit pas comme un coupé sportif classique, surtout sur des routes étroites ou bosselées. Les réglages électroniques, le contrôle de traction et la gestion du couple jouent alors un rôle central.
- Puissance : environ 1 100 chevaux selon la version Carmen Boulogne.
- Transmission : propulsion avec deux moteurs électriques sur l’essieu arrière.
- Vitesse maximale : proche de 290 km/h, donc au-delà des 280 km/h évoqués.
- Production : cinq exemplaires seulement.
- Structure : monocoque et éléments de carrosserie en fibre de carbone.
Sur les routes de Majorque, ce niveau de performances serait évidemment largement inexploitable. L’intérêt d’un tel modèle se situe davantage dans la précision du châssis, le silence de roulement à faible vitesse et la force de caractère qu’il dégage à l’arrêt. Reste à comprendre ce que son nom raconte de l’industrie espagnole.
Hispano Suiza : un héritage espagnol bien plus ancien que Cupra
Hispano Suiza n’est pas une marque née avec l’électrification. Son histoire remonte au début du XXe siècle, lorsque la société produisait des automobiles de luxe et des moteurs d’avion. Le nom associe l’Espagne et la Suisse, en référence aux origines de ses fondateurs et de ses premiers ingénieurs.
Avant la Seconde Guerre mondiale, Hispano Suiza était considérée comme une référence du très haut de gamme. Ses voitures étaient connues pour leur qualité de fabrication, leurs mécaniques puissantes et leurs carrosseries réalisées par de grands artisans européens.
Le symbole le plus célèbre de la marque est la cigogne. Elle évoque l’aviation et le pilote français Georges Guynemer, dont l’escadrille utilisait cet emblème. Sur les modèles modernes, cette signature apparaît sous une forme stylisée, notamment sur certains éléments de design.
Le retour de la marque avec la Carmen repose sur une idée claire : associer un héritage artisanal à une motorisation électrique. Là où d’autres constructeurs privilégient la sobriété visuelle, Hispano Suiza revendique une approche plus expressive.
| Élément | Hispano Suiza Carmen Boulogne | Sportive électrique plus courante |
|---|---|---|
| Production | Cinq exemplaires | Production en série |
| Style | Inspiré du grand tourisme historique | Design contemporain plus standardisé |
| Puissance | Environ 1 100 ch | Variable selon les modèles |
| Positionnement | Collection, personnalisation, prestige | Usage sportif et quotidien |
Cette philosophie explique pourquoi le modèle fait sensation dans un lieu comme Majorque. Il ne s’agit pas seulement d’aller vite : il s’agit d’être reconnu au premier regard. Mais une voiture aussi rare impose aussi quelques précautions.
Ce qu’il faut savoir avant de s’enthousiasmer pour une telle supercar
Une vitesse maximale proche de 290 km/h ne peut jamais être exploitée sur route ouverte. En Espagne comme en France, les limitations de vitesse s’appliquent à tous les véhicules, y compris aux modèles d’exception.
La conduite d’une supercar électrique demande aussi une attention particulière à l’autonomie, au poids et à la recharge. Une utilisation sportive augmente fortement la consommation d’énergie, surtout lors des accélérations répétées et sur routes montagneuses.
Enfin, une série limitée de cinq voitures implique un entretien très spécifique. Les pièces, les logiciels, la batterie haute tension et les éléments de carrosserie en carbone nécessitent l’intervention de techniciens spécialisés. Ce n’est pas une voiture que l’on confie à n’importe quel atelier.
La Carmen Boulogne rappelle surtout qu’une voiture de prestige peut raconter une histoire industrielle. Derrière son allure spectaculaire se cache le retour ambitieux d’Hispano Suiza sur la scène automobile mondiale.



